par Anne
Les Guerriers de l’hiver
C’est un récit de guerre. Bon, je vous le dis d’emblée, je ne suis absolument pas attirée par les livres
historiques, et encore moins de guerre !
Mais Olivier Norek est un écrivain dont j’adore les polars, que ce soit la trilogie 93 ou Entre deux
mondes ou Dans les brumes de Capelans, dont j’avais déjà parlé lors d’une précédente émission.
Et là quelle surprise ! Il a réussi à me captiver littéralement 400 pages durant, avec cette histoire de
guerre entre l’Union soviétique et la Finlande l’hiver 1939-40.
Une guerre méconnue, qu’il va nous raconter avec une précision documentaire et en même temps
un souffle épique époustouflants. On y apprend énormément de choses, l’auteur s’est documenté de
nombreuses années pour la retranscrire de la façon la plus fidèle possible.
L’alternance de points de vue permet de saisir la globalité du conflit : on découvre la vie quotidienne
des soldats, on plonge dans des batailles hyper réalistes, on bifurque vers une réunion des Etats-
majors où les stratégies sont mises en place, chacun étant à la merci d’un pouvoir totalitaire. On
prend conscience des décisions qui peuvent faire tout basculer, des manigances et des enjeux
politiques derrière certains choix, de la folie des grands hommes. Il met constamment en évidence
l’absurdité de la guerre.
Et une guerre surprenante : entre ce grand pays de 180 millions d’habitants et ce petit de 3 millions
d’âmes. Conflit déséquilibré a priori : Staline pensait n’en faire qu’une bouchée en une dizaine de
jours tout au plus ! Il a été bien surpris, car ce conflit a duré pas moins de 105 jours ! Olivier retrace la
résistance héroïque de la Finlande.
La Finlande a d’abord résisté grâce à son climat, la nature tout simplement : sublime mais
inhospitalière, les soldats russes n’étaient pas préparés pour affronter moins 50 degrés.
Puis grâce à des combattants qui n’avaient plus rien à perdre, au courage d’un peuple bien décidé à
défendre son territoire, c’est le fameux Sissu, cet esprit de résistance finlandais, une ténacité et une
détermination profondes.
Il se concentre sur la figue légendaire de Simo Hayha, un jeune paysan qui avait la particularité d’être
très doué pour le tir, qu’il avait appris en allant chasser avec son père. Il est rapidement et
naturellement devenu tireur d’élite redoutable grâce à son talent exceptionnel, jusqu’à devenir un
véritable symbole de cette guerre d’hier. Les russes le surnommaient « la mort blanche », à lui seul il
terrorisait toute l’armée russe. Un sniper qui avec son propre fusil de chasse pouvait viser à 490
mètres et tirer sur un soldat russe. Sa capacité inouïe va changer le cours de cette guerre dont l’issue
semblait pourtant courue d’avance.
Héros de guerre, et héros littéraire extraordinaire, on est transporté avec lui dans les horreurs du
conflit et dans ses tourments, d’autant plus empathiques qu’il a de profondes valeurs humaines et
fait preuve d’une solidarité et un dévouement poignants : c’est aussi une très forte et belle histoire
d’amitié que nous raconte Olivier Norek.
Il nous embarque dans une aventure terrible qu’on n’est pas près d’oublier …
